Trajet Dar Es Salaam – Mbeya (Jour 16)

D’un vert grisant à un gris verdâtre
D’un jaune timide à un jaune franc
Une terre noire tannée par le soleil
Des dos-d’âne à faire se pâmer les montagnes russes
Des vaches en forme de babouins qui regardent passer des trains en forme de bus
Il y a aussi il faut le dire
Des sacs et bouteilles en plastique jetés nonchalamment par la fenêtre du bus qui font s’insurger en moi une conscience écolo
Une pause déjeuner si courte qu’elle vous fait revoir l’ordre de vos priorités
La mère qui court avec son enfant dans les bras car le bus repart sans elle
Des plantations de palme dont l’huile finira probablement dans notre pot de nutella après avoir détruit l’habitat d’animaux fascinants
Des hommes passant la journée les bras levés vers les fenêtres des bus qui défilent pour tenter de vendre une bouteille d’eau ou des tranches de pain de mie
Des forêts rectilignes de pins
Des baobabs
Un vaste plateau et
Des volutes de poussière.

Arthur, responsable de l’association Youth Build Future, nous accueille à la sortie de nos 14h de bus. Il nous fait visiter sa maison où il nous hébergera  durant les quatre jours à venir, confirmant une nouvelle fois la générosité sans bornes des Tanzaniens que nous avons rencontrés. Nous faisons connaissance autour de l’indémodable platée de riz, d’épinards et de boeuf, et la discussion s’oriente rapidement vers l’éducation en Tanzanie. Arthur nous apprend, sous une pluie de cris effarés, qu’une année de lycée coûte environ 500 euros à la famille d’un lycéen dans la région. « Dans le public ?! » Notre consternation est unanime. Non, dans le privé, nous répond-il. Le lycée public est si mauvais que les familles qui peuvent se le permettre envoient automatiquement leurs enfants dans le privé. Quant à celles qui ne peuvent se le permettre… Leurs enfants essaient souvent de vendre des bricoles dans la rue, ou bien suivent une courte formation technique s’ils sont chanceux. Etonnées que le gouvernement semble mettre si peu de moyens dans le système éducatif, nous ne résistons pas à l’envie de demander à Arthur s’il l’aime, justement, son gouvernement. Réponse en demi-teinte : « je l’aime bien lui, mais je n’aime pas ce qu’il fait. » Le mot corruption résume l’essentiel de la suite de la conversation…

Quoi qu’il en soit et quoi qu’en disent ces habitants de Dar Es Salaam qui avaient jugé bon de nous mettre en garde contre le froid mordant de Mbeya, ce soir, il faisait chaud autour de la table d’Arthur.

Il nous a d’ailleurs préparé tout un programme débordant de rencontres de jeunes pour les jours à venir…

L’aventure reprend dès demain, cap sur la jeunesse engagée !

Juliette, les yeux pleins de baobabs

[photos à venir]

Publicités

2 réflexions au sujet de « Trajet Dar Es Salaam – Mbeya (Jour 16) »

  1. Magnifique Juliette
    Votre voyage en Afrique sera un voyage initiatique et vous passez haut la main portant en vous l’envie de changer le monde et c’est en cela qu’il faut faire confiance à la jeunesse à l’espoir que vous gardez intact
    Bravo les filles!!
    Asma

  2. « On croit que l’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait », Nicolas Bouvier… Je crois qu’on est en plein dedans ;)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s