« Apprendre à aimer » (Jour 12)

C’est une chose d’entendre en Europe des Européens dire que l’Afrique a besoin d’aide, financière, matérielle, afin de lui permettre de se développer. C’en est une autre d’écouter en Tanzanie un jeune Tanzanien de 25 ans déclarer, en fixant la caméra et en s’adressant directement aux jeunes Français, « là-bas », qu’il a conscience que son pays est moins développé que la France, et que pour qu’elle puisse rattraper son retard et devenir elle aussi un pays développé, la Tanzanie a besoin de l’aide des pays européens développés.

Mon scepticisme relatif à la saint-graalité du développement économique est touché de plein fouet : j’avais déjà entendu des « il faut aller les aider » ; je n’avais jamais entendu en face-à-face un « il faut venir nous aider ». Je m’en veux une énième fois de ne pas avoir été plus attentive en cours d’économie du développement et me jure de lire à mon retour les quelques bouquins portant sur le sujet que j’ai mille fois commencés sans jamais réussir à les finir. Ce soir, j’en ai ma claque d’entendre parler de « retard à rattraper ».

Pourtant, la bouche qui a prononcé ces paroles aujourd’hui l’a fait avec sincérité et conviction. Christopher, bénévole à l’orphelinat « Watoto wetu Tanzania » (nos enfants de Tanzanie) de Kimara, croit dur comme fer que son pays doit et va devenir un pays plus prospère grâce à l’éducation. Dans cet orphelinat, et avec l’aide de Gabriel, 28 ans, il donne des cours accélérés à de jeunes orphelins n’étant pas allés à l’école. Ce qu’il en retire ? Il a appris à aimer comme il se doit un enfant, à le comprendre, lui, ses attentes, ses rêves et ses convictions. Il sent qu’il est désormais prêt à être un bon père.

Je suis touchée de façon déroutante par quelque chose qui vibre en lui et est sans appel. Une sorte de lucidité éprouvante quand il regarde ces enfants qu’il aime et qu’il s’efforce de sortir de la rue et de mener à la réalisation de leurs rêves. Une sorte d’espoir fou quand il adresse son message à la jeunesse d’ici, celle qui a mais ne fait pas.

Nous reviendrons plus en détail sur Christopher et Gabriel…

Juliette, tressée de fatigue

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2 réflexions au sujet de « « Apprendre à aimer » (Jour 12) »

  1. Les filles c’est magnifique, je viens de lire les articles et je n’ai regardé que le portrait de kennedy mais c’est évident, les jeunes tanzaniens sont vraiment extraordinaires!!

    Même si vous etes crevées, continuez à nous faire voyager, votre travail est fou! Je vous soutiens tr_s fort!!!

    ps : radi, miss uu!!

  2. Bravo Juliette
    tu as mis le doigt sur un point sensible et quand je relis ton article j’ai la chair de poule
    Bravo à votre engagement à toutes
    la maman fan (devine?)

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